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« Dans notre modèle tarifaire, ce n’est pas la minute qui compte, mais l’efficacité »

Nous avons interrogé Markus Angst : Le membre du comité répond aux questions critiques concernant le nouveau modèle tarifaire de PROphysio.
29 septembre 2026 par
« Dans notre modèle tarifaire, ce n’est pas la minute qui compte, mais l’efficacité »
PROphysio, Team

Markus Angst, membre du comité de PROphysio

Markus, le nouveau tarif LAMal a déjà été déposé auprès du Conseil fédéral. Pourquoi PROphysio développe-t-elle encore son propre modèle ?

Parce que nous sommes convaincus que le tarif déposé va dans la mauvaise direction. Il récompense avant tout les traitements longs, pas les traitements efficaces. C'est ce que montre aussi l'expertise indépendante que nous avons commandée à Polynomics. Mais la critique seule ne suffit pas. Qui veut faire bouger les choses doit mettre une meilleure alternative sur la table. C'était notre moteur, et c'est ce que nous avons fait

Le modèle ne contient ni points tarifaires ni prix concrets. N'est-ce pas trop vague pour être pris au sérieux par les assureurs et l'OFSP ?

C'est voulu. Si nous avancions des chiffres maintenant, ils seraient contestables sur le plan méthodologique et détourneraient l'attention du vrai débat. Il faut d'abord que la logique tarifaire soit établie. Vient ensuite, dans l'optique de la neutralité des coûts, la question de savoir combien vaut chaque prestation par rapport aux autres. Ce n'est qu'après que l'on peut calculer des prix sérieux. La prochaine étape est une matrice tarifaire concrète de 15 à 20 positions, et c'est là que nous présenterons des chiffres.

Le tarif au temps actuel a pour problème de récompenser les traitements longs. Un forfait par cas ne risque-t-il pas d'aller dans l'autre sens, c'est-à-dire traiter le moins possible parce que cela laisse plus de marge ?

C'est précisément le risque que nous abordons activement dans le modèle. C'est pourquoi la mesure des résultats n'est pas facultative. Avant le traitement, on fixe une valeur de départ et un objectif. Pendant le traitement, on relève un paramètre de suivi, et à la fin, on constate l'atteinte de l'objectif. Si l'objectif n'est pas atteint, cela entraîne un réexamen structuré de l'objectif, de la stratégie et de l'indication, et non une simple clôture. Nous avons délibérément renoncé à une récompense financière directe du « succès », car cela pourrait inciter les cabinets à sélectionner leurs patientes et patients en conséquence.

Justificatifs de qualité, mesure du suivi, documentation numérique : n'est-ce pas un obstacle de taille, en particulier pour les petits cabinets individuels ?

Je ne veux pas le minimiser : au début, cela représente effectivement un changement pour certains cabinets. En même temps, une partie de la charge disparaît ailleurs. La documentation courante et la planification des rendez-vous sont comprises dans le forfait de traitement, et l'incitation à générer du chiffre d'affaires avec des unités administratives de cinq minutes disparaît. Et honnêtement, des formules toutes faites comme « techniques des tissus mous » ou « comme d'habitude », sans objectif compréhensible, sont déjà contestables aujourd'hui dès qu'un agent payeur y regarde de plus près. Au fond, nous exigeons ce qu'un bon cabinet devrait faire de toute façon, et fait déjà la plupart du temps.

La neutralité des coûts est décisive pour les assureurs et l'OFSP. Comment garantir que le modèle ne coûte pas plus cher ?

Nous travaillons avec une année de référence. Tous les cas traités cette année-là sont évalués rétrospectivement selon notre nouvelle structure, et un facteur de normalisation veille à ce que les coûts totaux restent identiques. Point important : la neutralité des coûts ne signifie pas que chaque prestation doit coûter autant qu'aujourd'hui. Si des traitements inutiles disparaissent, la rémunération par traitement réellement nécessaire peut même augmenter, sans que le montant global n'augmente.

Honnêtement, est-il réaliste qu'une jeune association comme PROphysio fasse passer un modèle, alors que le grand tarif de Physioswiss, H+ et prio.swiss est déjà sur la table du Conseil fédéral ?

Nous ne nous faisons aucune illusion : ce ne sera pas un chemin facile. Mais la fenêtre est ouverte. La procédure d'approbation auprès de l'OFSP n'a même pas encore commencé, et une entrée en vigueur au 1er janvier 2027 est loin d'être garantie. C'est maintenant que nous cherchons le dialogue avec le Parlement, les cantons, les assureurs et les médias. L'expertise de Polynomics nous fournit pour cela une base factuelle qui va au-delà de la simple politique associative.

Admettons que le modèle ne soit pas repris dans son ensemble : que reste-t-il ?

Même si tout n'est pas repris tel quel, nous aurons montré qu'il existe une alternative sérieuse à la pure logique du temps. Et nous ne prévoyons de toute façon pas de big bang. Dans une première phase, le modèle pourrait être introduit de manière hybride, avec des forfaits par prestation et des exigences de qualité. Suivraient ensuite des projets pilotes pour des indications appropriées, comme les douleurs dorsales ou la rééducation après une opération du genou ou de la hanche. Les modèles d'épisodes qui ont fait leurs preuves seraient ensuite étendus progressivement.

Quel message aimerais-tu transmettre aux physiothérapeutes encore sceptiques ?

Que ce modèle n'est pas fait contre eux, mais pour leur marge de manœuvre professionnelle. Qui doit aujourd'hui raisonner par tranches de cinq minutes perd une partie de ce qui fait l'essence même du métier. Et je le répète : il s'agit d'une ébauche, pas d'une solution définitive. Nous avons besoin des retours du terrain pour en faire quelque chose de solide.

dans Tarifs