En si peu de temps, beaucoup de choses se sont passées : nous avons mis en place des structures, gagné plus de 1’200 membres, développé de premières prestations concrètes pour nos membres et réussi à faire entendre notre voix sur les plans politique et médiatique.
L’heure est venue de faire le bilan et de se tourner vers l’avenir. Nina Zosso a accompagné cette phase intense de développement en tant que directrice et présidente par intérim. Dans cet entretien, elle revient sur les réalisations des quatre premiers mois et explique pourquoi les mois à venir seront particulièrement importants.
Nina, quatre mois de PROphysio. Avec le recul, où en sommes-nous aujourd’hui ?
Nous avons démarré avec une idée claire et une préoccupation urgente, directement issue du terrain de la physiothérapie. L’enquête Sotomo a clairement montré l’ampleur du besoin de changement et d’une représentation forte des intérêts de la profession.
Quatre mois plus tard, nous disposons de structures fonctionnelles, de responsabilités clairement définies et comptons déjà plus de 1’300 membres. Les contenus spécialisés proviennent du comité, des groupes de travail et directement du terrain. Mon rôle en tant que directrice consiste à en faire une association capable d’agir, à coordonner le travail politique et à veiller à ce que les préoccupations de nos membres soient entendues.
Qu’avons-nous mis en place en si peu de temps pour permettre à PROphysio de fonctionner aujourd’hui ?
Nous avons créé une association professionnelle de toutes pièces en très peu de temps : avec un comité, un secrétariat, des groupes de travail, une gestion des membres, une communication et une représentation politique des intérêts de la profession. Parallèlement, nous avons lancé nos premières prestations et élaboré notre propre proposition de structure tarifaire tournée vers l’avenir.
Ce travail de mise en place a dû être réalisé très rapidement, car le processus tarifaire était déjà bien avancé. Aujourd’hui, nous sommes en mesure d’agir sur les plans professionnel, politique et de la communication, et de défendre nos positions là où les décisions se prennent.
À partir de novembre, Christa Markwalder, une personnalité politique expérimentée, prendra la présidence. Qu’est-ce que cela signifie pour PROphysio ?
Avec Christa Markwalder, nous avons réussi à convaincre une personnalité qui apporte une très grande expérience politique et un vaste réseau. Elle connaît les processus politiques à Berne et sait comment et où nous devons intervenir pour faire entendre nos préoccupations.
Son élection représente une nouvelle étape importante pour PROphysio et nous aidera à renforcer davantage notre travail politique.
Parallèlement au travail politique, nous avons déjà pu développer de premières prestations concrètes pour nos membres. Qu’avons-nous réalisé dans ce domaine ?
Dès le départ, il était important pour nous que PROphysio ne se limite pas au travail politique, mais apporte également une valeur ajoutée concrète à ses membres dans leur quotidien professionnel et au sein de leur cabinet.
Une première prestation importante est déjà disponible avec la consultation juridique gratuite. L’accès aux conventions tarifaires à partir de 2027 est également garanti. Nos membres auront accès aux conventions tarifaires pertinentes, les frais correspondants étant inclus dans la cotisation.
Nous développons actuellement d’autres offres, notamment des solutions de prévoyance professionnelle ainsi que des assurances de choses et de responsabilité civile. Nous souhaitons également développer davantage la protection juridique. Nous examinons ces offres avec soin afin qu’elles apportent une réelle valeur ajoutée aux cabinets de physiothérapie, plutôt que de simplement reproduire des produits existants.
À cela s’ajoutent PROphysio Connect, les échanges directs au sein de la communauté et d’autres prestations qui viendront progressivement compléter notre offre.
Les événements PROphysio Connect ont également joué un rôle important durant ces premiers mois. Pourquoi ces rencontres sont-elles si importantes pour l’association ?
Les échanges directs sont extrêmement précieux pour nous. PROphysio Connect réunit différentes perspectives. Nous découvrons les difficultés rencontrées sur le terrain, les sujets qui préoccupent les professionnels et les attentes de nos membres envers leur association.
De nombreuses discussions nous confortent dans notre démarche, tandis que d’autres apportent de nouveaux points de vue et des impulsions importantes. Cela nous permet d’orienter notre travail politique et nos prestations au plus près des besoins réels de la physiothérapie.
La forte participation aux événements organisés jusqu’à présent nous montre à quel point ces échanges personnels sont importants.
PROphysio a également attiré beaucoup d’attention sur les plans politique et médiatique en très peu de temps. Comment perçois-tu cette évolution ?
L’écho est considérable. Nos sujets ont été repris par la télévision suisse, la NZZ, Blick, le Tages-Anzeiger et CH Media. Cela montre qu’il ne s’agit pas simplement d’un différend tarifaire interne à une association, mais bien de la qualité et de l’avenir des soins de physiothérapie.
Parallèlement, nous avons rapidement mis en place une représentation politique professionnelle des intérêts de la physiothérapie. Nous échangeons avec des parlementaires, des autorités, des assureurs et d’autres acteurs. Notre objectif n’est pas de faire le plus de bruit possible, mais de présenter des arguments solides et des solutions concrètes.
Le fait que PROphysio soit déjà entendu aujourd’hui est un signal important. Mais pour exercer une influence politique durable, nous avons besoin d’une base de membres forte et représentative.
Plus de 1’300 physiothérapeutes font déjà partie de PROphysio. Pourquoi est-il si important de continuer à grandir maintenant ?
Plus de 1’300 membres en quatre mois, c’est un signal fort. Mais nous n’avons pas encore atteint notre objectif.
Nos membres constituent notre principale légitimité politique. Plus les physiothérapeutes et les cabinets soutiennent PROphysio, plus il devient difficile pour le monde politique, les autorités et les partenaires tarifaires d’ignorer notre voix.
La croissance n’est donc pas une simple question de chiffres. Elle contribue à déterminer si PROphysio pourra, à l’avenir, participer aux négociations et contribuer activement à façonner les conditions-cadres de la physiothérapie.
Comment nos membres actuels peuvent-ils y contribuer ?
Nos membres peuvent aujourd’hui jouer un rôle décisif. Parlez de PROphysio dans vos cabinets et vos réseaux personnels. Expliquez pourquoi vous avez adhéré et invitez vos collègues à participer à un événement PROphysio Connect.
Les propriétaires de cabinets peuvent également examiner si une adhésion collective serait pertinente pour leur équipe. Nous gagnons ainsi non seulement de nouveaux membres individuels, mais renforçons également l’ancrage de PROphysio au sein des cabinets.
Quelle sera notre priorité absolue dans les mois à venir ?
Notre première priorité reste d’empêcher l’entrée en vigueur, au 1er janvier 2027, de la structure tarifaire soumise dans sa forme actuelle.
Mais PROphysio n’a pas été fondé pour une seule décision tarifaire. À long terme, la physiothérapie a besoin d’une représentation forte sur les plans professionnel, politique et tarifaire. C’est pourquoi nous présentons notre propre proposition de modèle tarifaire tourné vers l’avenir, qui favorise la qualité et l’efficacité des traitements tout en créant des conditions-cadres économiquement viables.
Parallèlement, nous continuons à développer l’association, nos prestations et la collaboration avec nos membres et partenaires. Notre objectif est clair : PROphysio doit participer durablement aux décisions qui façonneront l’avenir de la physiothérapie.